Point sur le projet Bérénice

→ Intervention de Louise Beauchêne, Passages – Metz

→Intervention de Anne De Lavalade, assistante sociale centre d’accueil de demandeurs d’asile et centre d’accueil à l’armée du salut

PARTAGE D’EXPÉRIENCE : Le Réseau RP n’a pas beaucoup de témoignages sur les relations et actions culturelles pensées pour le public des réfugiés.

→ Pour cette rencontre : Mise à disposition d’une grille d’écoute active qui permettra de nourrir des temps d’échanges après.

Louise Beauchêne & son expérience autour des publics réfugiés et des actions culturelles proposées.

Présentation du projet Bérénice : réseau de 5 structures culturelles en Grande Région dont Passages et la Cité Musicale. Regroupement pour faire un réseau d’acteurs culturels luttant contres les discriminations. Regroupement d’acteurs culturels qui sont convaincus que la culture permet une inclusion sociale. Bérénice se tourne principalement vers les migrants. Mais alors, de la création de Bérénice, une question s’est posée : est-ce que le mot migrant est le bon mot ?

Petite parenthèse avec différentes questions posées à l’auditoire, mettant en avant le fait que l’homme est un être de migration. Migrations internationales et migrations régionales. L’homme est un être de migration. Aujourd’hui le terme de migrant est beaucoup utilisé dans les médias et finalement est ce le bon mot pour.

Bérénice est allée chercher une aide vers le CIMADE : organisme qui aide a la défense des droits des migrants. Mise en lumière du terme migrant qui doit être utilisé avec précaution. Les migrants feraient ce changement pour des raisons économiques. Les réfugiés pour des raisons politiques.

Bérénice utilise le mot migrant mais avec précaution.
Demandeur d’asile : en cours de procédure, public volatile
Réfugiés : perspective stable, d’insertion sociale. Public plus facile d’approche.
→ La première problématique de Bérénice était de bien comprendre les mots utilisés et surtout de comprendre ces publics.

Constat avec Bérénice : à Metz il n’est pas forcément facile de dialoguer, d’échanger avec les migrants, réfugiés, allophones, etc. On retrouve surtout un échange vertical. L’idée était de créer un échange égal entre les autochtones et étrangers. Bérénice a mis en place des ateliers de théâtre El Warsha. L’enjeu était de trouver tout d’abord des intervenants du milieu du théâtre pédagogues, à l’écoute pour créer des exercices de théâtre interculturels. Le premier essai d’atelier a très bien marché. Différentes manières de s’adresser aux différents publics visés par ces ateliers de théâtre. Atelier insertion, inclusion sociale (pour les étrangers) mais aussi expérience interculturelle (autochtones).

Les problématiques rencontrées :

• infantilisation des réfugiés, demandeurs d’asiles, migrants, etc. Il est difficile de s’adresser à eux. A-t-on été juste ? Trop expressif ?

• Mais aussi la dimension de charité : l’une des problématiques rencontrés au début des ateliers était de rendre les ateliers de théâtre gratuits pour les réfugiés et payants pour les français. Des refus de payer du côté de participants français. Considération d’être dans une position d’aide. Cette année les ateliers sont entièrement gratuits.

• Lieux & trajets : tout le monde a ses habitudes, ses trajets quotidiens (français comme étrangers). On remarque une concentration de français dans l’atelier du centre ville. Et de réfugiés dans les ateliers qui se trouve dans les quartiers périphériques au centre ville. Lieux et trajets engendrent problème de mixité des groupes, ceux aussi pourquoi existent les ateliers.

• Absence de formation : on rencontre des problématiques sociales et humaines également dans ces ateliers. Entourer et accompagner des artistes réfugiés c’est aussi accompagner la personne et ses problématiques humaines qui demandent d’autres aides que Bérénice puisse fournir. Mise en lumière du manque de formation.

• Parmi les participants allophones : peu de femmes et beaucoup d’hommes. Dans les ateliers El Warsha, les femmes demandent souvent si l’on accepte les enfants. Ce sont des ateliers pour adultes, les enfants peuvent venir à condition qu’il n’y ait pas de solution de garderie et que l’enfant ait plus de 10 ans. Du coup on remarque finalement que cela exclue beaucoup les femmes qui gardent donc leurs enfants au vue de la basse présence des femmes.

Le Manège à Reims a finalement pris le parti de mettre en place une garderie (prendre en compte le financement de la garderie)

Sophie :

Les demandeurs s’asile depuis 1991 ne peuvent plus travailler.
Intégration et insertion professionnelle mais aussi aide sur la question du logement.
Personnes qui sont dans une attente longue et frustrante car elles ne peuvent pas travailler.

Logique d’échange horizontal : on a autant d’apprendre sur eux que eux sur nous. Dès que le lien est créé, l’accompagnement et l’aide est plus simple. D’un point de vue psychologique, ce sont des personnes qui ont vécues des évènements très difficiles. Les travailleurs sociaux ont plus de mal à pouvoir gérer cela mais d’un point de vue professionnel, ils ont plus de champs d’action.

Pour que les personnes se sentent à l’aise dans le lieu et dans l’attente.

Temps d’échanges :

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Mise en avant avec Anne notamment de l’importance de l’accompagnement des réfugiés lors de sorties culturelles par exemple. C’est un moment où on ne parle plus procédure, où on oublie un peu le quotidien et où on découvre de nouvelles choses.

Note sur l’importance aussi d’une présence d’une personne relais pour savoir aussi rassurer : important rare et précieux.

Sélection des spectacles faite par rapport aux thématiques que vivent les migrants ? Ou au contraire il y a choix de spectacles sortant de leur quotidien ?? → L’accessibilité à la langue est un critère de sélection. Danse, musique permet un public familial. → Pour la cité musicale : les spectacles labellisés Bérénice sont que des spectacles porteurs de thématiques faisant échos aux problématiques, situations des migrants. Mais c’est tout aussi intéressant de proposer des spectacles n’ayant aucun lien thématique.

Point sur label Bérénice : création de mixité dans les salles mais aussi dans les plateaux. Quand on labellise les spectacles : spectacle qui contient de la diversité (équipe artistique ou équipe artistique qui question la question d’identité)

Dimension importante à prendre en compte → Penser la migration à l’échelle transfrontalière : les procédures ne sont pas les mêmes, le travail social est différent selon les pays, les postes de médiation sont différents : en Allemagne par exemple on a de la médiation artistique, en France c’est de la médiation culturelle, etc.